« Le Parlement veut des transports plus verts | Page d'accueil | Quelle trajectoire choisira la présidence française de l’Union ? »
12.03.2008
Présidence française de l'Union : le nécessaire projet social et citoyen de l'Europe
Chronique européenne du 12 mars 2008
La présidence française de l’Union européenne devrait marquer un tournant dans la définition de la politique de l’Union européenne. A quelques mois de la modification des structures institutionnelles voulues par le traité de Lisbonne, les choix opérés durant les six mois de gouvernance française inscriront les orientations de l’ensemble de l’union pour plusieurs années.
Cette présidence devra être un succès. D’une part parce qu’il en va de l’image de notre pays et de sa capacité à insuffler dans le projet supranational des dimensions que l’on reproche a l’Europe de ne pas avoir. Le social et la culture en sont des exemples.
Une autre raison est que la dernière présidence française n’a pas laissé un souvenir impérissable avec notamment la signature du tant critiqué traité de Nice dont on ne peut dire qu’il fut « A nice traity ».
C’est donc, après l’échec de la transposition dans le droit européen de la charte des droits sociaux fondamentaux, qui composait la seconde partie du traité constitutionnel, un objectif prioritaire pour le président français qui devra user de toute son influence pour intégrer cette dimension sociale dans le projet futur.
En effet, la seule référence à la charte des droits sociaux fondamentaux des citoyens de l’union dans le traité de Lisbonne est insuffisante. L’Europe sociale doit naitre d’une volonté plus forte et plus affirmée. L’enjeu est de taille car on ne peut imaginer qu’une clause op out dispense tel ou tel pays d’une responsabilité vis-à-vis des citoyens de l’Union. Ce serait la fin de la citoyenneté européenne.
Un travail essentiel de la présidence française va être de relancer cette citoyenneté européenne, de lui donner une place réelle dans le cadre d’un nouveau traité. On peut imaginer que ce texte commun aux européens et consacré à la dimension sociale de l’Europe et à sa citoyenneté soit ratifiés dans notre pays à la fin des six mois de la présidence tournante.
Un autre enjeu de cette présidence va être l’Union Europe-Méditerranée, mise sur les rails il y a plusieurs années et qui voit son aboutissement au moment de la présidence française. On ne peut rater cet épisode essentiel a l’équilibre économique et social de l’Europe dans ses rapports avec les autres pays méditerranéens. Il en va aussi de l’équilibre géostratégique de cette partie du monde. L’Union a, en ce sens, une responsabilité et le règlement de certaines questions ne peut se faire que par une réponse communautaire et non pas un agrégat de réponses nationales.
La pierre d’achoppement ici est la relation difficile entre le président français et la chancelière allemande. Le couple franco allemand, moteur de la construction européenne dans bien des domaines s’accroche sur la question méditerranéenne. Le président français a une vision française qu’il voudrait voir étendue à l’union européenne. La chancelière a une vision européenne qu’elle voudrait voir étendue à la France.
19:10 Publié dans Chroniques Europe sur RCF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Morucci, Team europe, RCF, Radio Bulle







