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12.04.2008

Quelle trajectoire choisira la présidence française de l’Union ?

Chronique du 9 avril 2008

La présidence française de l’Union européenne est attendue au moins autant qu’elle inquiète. Il faut dire que le casse croute est colossal. Dans quelques semaines, il reviendra à notre pays de traiter des problématiques très diverses qui agitent les 27 allant du besoin de citoyenneté et de transparence de l’union à la gestion des stratégies géopolitiques notamment en ce qui concerne l’énergie et la défense sans oublier la protection de l’environnement et les choix de développement qualifié de durable. Cerise sur le gâteau, le président français sera président de l’union au moment où les jeux de Pekin commenceront et les événements récents au Tibet peuvent laisser craindre une olympiade sous haute tension diplomatique.

Les champs que le président de la république va devoir initier sont complexes et montrent à quel point l’Europe n’a pas su ces dernières années se construire. Certes la politique internationale et de défense revient à la une mais la non application du traité de Lisbonne laisse, pour l’heure, les pays membres dans une perspective inachevée. Et cela se sent.

La présidence française va devoir faire la synthèse entre des choix opérés par le Conseil de l’Union et des attentes, souvent différentes entre citoyens et instituions de l’Union. Si le président français réussi a ramené l’union européenne dans une démarche de construction claire ce sera un grand succès. La construction de l Europe ne semble pas, en effet pour nos concitoyens, maitrisable. Sui generis, elle donne l’impression d’une entité qui se construit en transformant progressivement les éléments qui lui donne corps.

Elle n’a pas une trajectoire constante. Elle devient une combinaison de plusieurs modèles penchant pour la coopération intergouvernementale alors que les citoyens l’attendent fédérale. Ce qui ne donne pas une vision claire aux citoyens de l’Union qui décrètent que l’Europe est trop complexe, trop lointaine.

En ce domaine, la présidence française va devoir travailler une direction principale et apporter des éléments de réponse à la question : quelle Europe pour 2020/2030. L’Europe sera-t-elle puissance ou marché ? Qu’elle forme va prendre l’espace économique commun ? Une réflexion que le Comité des sages devra avancer dans les 6 mois que va durer cette présidence française.
Quatre directions sont possibles et s’opposent. Ce sont elles qui divisent les européens. Les choix doivent s’opérer verticalement entre Europe puissance ou Europe espace commercial et horizontalement entre Europe fédérale et partenariat entre les nations.
Il faudra enfin mettre en place les éléments de la stratégie de Lisbonne dont les principaux éléments sont la promotion de l’emploi, de l’innovation et de la recherche au service de la croissance. Mais il reviendra au président de l’union de mettre, en même temps les outils nécessaires à la lutte contre la pauvreté. Une pauvreté grandissante et qui est un vrai poids pour l’Europe.
Voilà une présidence qui s’annonce lourde et dont on espère le succès. Mais 6 mois d’une présidence tournante est un délai bien cours pour remplir une telle mission.

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