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18.05.2008
La présidence française de l'UE devra faire un choix pour la gouvernance européenne
Je constate souvent, parlant de la construction européenne que mes concitoyens n’ont pas une vision claire du sens et du contenu de l’Union européenne.
En dehors du fait qu’ils se disent sincèrement européens, ce dont je ne doute pas un instant, ils ne savent pas quelle orientation nos responsables politiques réservent à cette grande ambition que des hommes comme Schuman ou Monnet ont voulue pour les temps futurs.
D’ailleurs, mes interlocuteurs ne semblent, généralement, même pas situer le chemin que peut prendre l’Europe dans les décennies à venir. C’est pourtant une des missions principales que va devoir remplir la France à l’occasion de sa présidence tournante en juillet prochain.
Quelle Europe voulons-nous pour la période 2020/2030 ? Telle est une des questions importante à laquelle devra répondre le président en exercice de l’Union. Il devra aussi préparer les Européens en leur disant précisément ce qu’il compte faire de la dimension supranationale, pour elle-même et dans ses relations au reste du monde et du caractère que les Etats membres entendent lui donner.
Mais avant de répondre à une si importante problématique peut être est il intéressant de se poser la question de la vision qu’ont les Européens de l’union européenne et celle que nos partenaires développent depuis des années.
La réponse est assez simple. En réalité quatre possibilités s’offrent à nous :
Une première est la vision d’une Europe puissance à caractère fédéral.
Une seconde est la proposition d’une Europe puissance mais dans le cadre d’une coopération d’états membres
La troisième est celle d’une zone économique à caractère fédéral et la quatrième une zone de libre échange organisée dans le cadre d’une coopération entre les états membres.
Dans la dernière proposition se retrouvent le Royaume-Uni et les pays d’Europe centrale et orientale, les PECOS. La vision d’un marché commun à caractère fédéral est partagée par l’Italie et les pays scandinaves tandis que l’Europe puissance mondiale et à gouvernement fédéral a la préférence des Allemands, des pays du Benelux et de l’Espagne. La France quand à elle occupe la position isolée d’une Europe puissance mais pensée dans un simple partenariat entre les nations.
Une chose est sure c’est que les citoyens de l’union n’ont pas conscience de ces différences de perspectives. Pour eux, et d’une manière générale, l’Europe est une, pleine et entière. C’est comme cela qu’ils la voient. Presque comme une nation. Il faut bien le dire, les gouvernements ne prennent pas véritablement le temps d’expliquer à leurs ressortissants les diverses possibilités de choix qui s’offrent à eux. D’un autre côté, il faut aussi l’avouer, les citoyens ne cherchent pas vraiment à en savoir plus.
Ainsi va l’Europe depuis des années. Ces divergences fondamentales sont passées quasi inaperçues lors du débat pour le traité constitutionnel et n’apparaissent pas dans le traité réformateur de Lisbonne. Sauf peut être lors des négociations pour sa rédaction ou chaque état membre à tenté d’imposer sa vision et ses intérêts. Rien d’étonnant, alors, à ce qu’une des principales actions de la présidence française soit de réconcilier les européens avec l’Europe. C’est aussi un choix que devront faire les Européens lors des élections européennes de juin 2009.
Vous pouvez écouter la chronique sur RCF.fr http://www.rcf.fr/diffusion.php3?id_article=223194&id_locale=38 ou cliquer ici
18:39 Publié dans Chroniques Europe sur RCF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : morucci, présidence française de l'union eruopéenne, Team europe, europe, Brest, maison de l'europe







