17.12.2008

Une fin de présidence française qui redessine les perspectives institutionnelles de l’Union

C’est devant le Parlement européen que le président Nicolas Sarkozy a présenté et défendu ce mardi son bilan de la Présidence française de l’UE. Une présidence que l’on peut globalement qualifier de succès surtout si l’on compare aux résultats de la précédente présidence qui avait vu la mise en place du traité de Nice. La tache n’a pas été simple, les crises nombreuses et successives. Le travail de l’équipe française menée par le Président de la République et son ministre aux Affaires européenne, Jean Pierre Jouyet ont démontré cette capacité diplomatie et politique a entrainer le projet et les défis européen.


La majorité des parlementaires ont reconnu les résultats du volontarisme du Président français, même si certains l’ont également critiqué, avec parfois une certaine violence.

Il ressort trois éléments essentiels de cette présidence française.

Le premier est qu’il est aujourd’hui démontré que le monde a besoin d’une Europe forte,. Une Union européenne qui, pour reprendre l’expression du président du Conseil, « pense, imagine, et refuse le consensus fondé uniquement sur le non-dit (…)». Finalement, il y a ici une rupture qui s’est opéré avec la recherche systématique d’accords mous.

Le second élément est, peut être une conséquence du premier, est que l’Union est entrée dans une forme de gestion qui s’éloigne de la supranationalité et du fédéralisme des fondateurs en devenant une Europe qui avance au grès des accords intergouvernementaux. Force est de constater qu’après la présidence Sarkozy, l’Union européenne est plus intergouvernementale que communautaire.

Le troisième constat est l’Union est entrée dans un processus ou la domination des grands Etats membres s’affirme avec force obligeant les plus petits pays a suivent. Avec les crises économiques, financière et géopolitiques, les Européens, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, ont pris conscience de la capacité de l’Union a devenir une zone territorialisée d’influence internationale. Mais, pour que cela soit pérenne il lui faut maintenant se construite une unité.

A cela on peut encore ajouter que si le traité de Lisbonne n’a pas été adopté dans les temps initialement prévus et que la reforme institutionnelle ne sera pas opérée avant les élections de députés en juin prochains, la Commission a perdu, durant cette présidence, une peu de sa centralité au profit de celle, durable dans le temps d’une présidence du Conseil, véritablement incarnée et porteuses des symboles de la représentation. Cette situation préfigure peut être les futures réflexions institutionnelles qui feront suite au traité de Lisbonne Sans doute la présidence tchèque pourra rééquilibrer les choses. Tout au moins en partie. En effet, la Commission est importante dans le dispositif européen. C’est elle qui assure la permanence de l’intérêt européen. C’est elle aussi qui a la capacité à transformer les engagements politiques en contraintes juridiques. Sans elle, l’Union devient une construction fragile.

La présidence de la République tchèque s’annonce sur ces questions, déjà problématique. Les grands pays ont averti à demi mots. En cas de problèmes, ils reprennent les rênes. C’est en tout cas l’intention de la France et de l’Allemagne.

Mais prenons un temps de respiration en cette trêve des confiseurs. Je sous souhaite, à chacune et à chacun un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d’année.

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