07.05.2007

« Il est urgent d'avoir une constitution européenne »

ouest France du 7 mai 2007

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C'est l'avis d'Emmanuel Morucci, de la Maison de l'Europe. Mercredi 9 mai, Brest fêtera l'Europe.

Pensez-vous qu'il existe une réelle conscience de l'Europe à Brest ?


Totalement. Les Brestois sont très attachés à l'Europe depuis fort longtemps. Ils ont d'ailleurs dit oui, majoritairement, au référendum du 29 mai 2005. Je les sens même très soucieux de l'avenir de l'Union et de la place de la cité du Ponant au sein de cette communauté.

En revanche, le sentiment d'être des citoyens de l'Europe est plus diffus. Les Brestois ne se sentent pas beaucoup acteurs de l'Europe. Il n'y a pas qu'eux. C'est le cas de la plupart des Français. Cette citoyenneté pourrait naître si le mode d'élection des députés européens était le même partout, dans les 27 pays. Pouvoir tous voter en même temps, ce serait utile.

Quelles sont les conséquences, encore perceptibles aujourd'hui, du non français au référendum du 29 mai ?


Ce vote a fortement perturbé les esprits. Au niveau international, la France s'est retrouvée comme une vieille charrette dans le fossé. On a même laissé pourrir la situation. Oui, il faut une nouvelle constitution. Et rapidement. Un texte fort, court et clair, capable de rappeler les valeurs, la philosophie, le sens de la construction européenne.

Ce texte constitutionnel est nécessaire pour faire émerger une véritable citoyenneté européenne, un vivre ensemble entre les peuples. Les jours, les semaines et les mois qui viennent, après l'élection présidentielle d'hier, vont être cruciaux.

Durant cette campagne présidentielle, l'Europe a été la grande absente des débats. Pourquoi selon vous ?


L'Europe fait peur. Cela reste pourtant un sujet de préoccupation majeur pour les Français, mais c'est un thème que les deux candidats n'ont pas semblé maîtriser. Il n'a pratiquement pas été abordé durant le débat télévisé de mercredi dernier. C'est dommage.

Beaucoup considèrent l'Europe comme une machine très complexe, source de contraintes. C'est sans doute pour cela qu'elle fait peur.

Pourtant l'Europe est dans notre vie quotidienne, dans ce que l'on mange, dans les ponts qu'on traverse, dans les aérogares... Il faut lui rendre la place qu'elle mérite, savoir faire la publicité de l'Europe et des nombreuses aides qu'elle accorde.

Comment voyez-vous l'avenir de l'Union européenne ? Sans la France ?


Certainement pas sans la France. Je suis convaincu que l'esprit européen va être revivifié, maintenant que l'élection présidentielle est passée. L'Europe a besoin d'une vraie construction politique, avec des partis européens, des syndicats européens, des associations européennes. Je vois une Europe davantage tournée vers les questions sociales, culturelles, environnementales, ainsi que vers le bassin méditerranéen et l'Afrique.

L'axe Berlin-Paris sera également renforcé, en association avec Rome et Londres. Une Angleterre qui doit forcément intégrer la zone euro. Il est aussi nécessaire, à mon avis, de repenser une communauté européenne de l'énergie, comme au début, afin qu'elle ne soit plus l'otage de la Russie qui peut décider de couper le gaz à chaque instant.

Et l'Europe de la défense, faut-il la faire ?

Cette notion de défense commune est intégrée dans le traité de Maastricht. Mais elle n'a pas abouti. Nous n'avons pas d'état-major européen. C'est un échec qu'il est urgent d'effacer. Quant à la construction de navires européens - tel le second porte-avions -, au-delà des questions techniques importantes, il est nécessaire d'imposer une prise en charge commune des coûts. Ces derniers doivent être partagés entre l'ensemble des pays de l'Union.

Un mot sur la Turquie. Sa possible entrée dans l'Union fait débat. Qu'en pensez-vous ?


Un processus d'engagement a démarré. Il doit aller jusqu'à son terme. Après, d'ici dix ou quinze ans, cette question de l'adhésion sera acceptée ou rejetée par référendum. Les Français, comme les autres peuples européens, diront ce qu'ils en pensent. Aujourd'hui, la Turquie est loin de remplir tous les critères demandés pour rentrer. Il lui faut, notamment, régler la question des droits de l'Homme et des répressions.

Selon vous, l'Europe peut-elle encore accueillir de nouveaux États ?


Il faut mettre un terme à l'extension. Il reste le Monténégro et la Croatie à intégrer. Après, ce sera terminé. Il est nécessaire que l'Europe ait des frontières pour que son espace soit reconnu, identifié.

Un président de l'Europe est-il nécessaire ?

À mon sens, oui. C'est un homme ou une femme qui sera issu de la majorité politique du Parlement. Il aura comme missions de fédérer les Européens, de les représenter dans le monde. Il présidera également le conseil européen. Son mandat aura une durée de cinq ans.

Propos recueillis par Yves-Marie ROBIN.
Ouest-France

20.04.2007

Présidentielles : la place de l'Europe dans les médias

A deux jours de l'élection présidentielle, quelle place est réservée à l'Europe dans les pages opinions des quotidiens français (Le Monde, Libération, Le Figaro, L'Humanité, La Croix, Les Echos, La Tribune). Sources : Toute l'Europe (http://www.touteleurope.fr/fr/observatoire-europe/europe-en-idees/tribunes/du-16-au-22-avril.html#c17480)


"Bad-trip" à l'Elysée, par Daniel Cohn-Bendit

Libération, 20/04/2007

Daniel Cohn-Bendit imagine la "gueule de bois" du futur élu à son arrivée à l'Elysée. Sitôt installé, celui-ci devra se mettre à la table des négociations pour signer, en juin, une feuille de route et s'accorder sur une position franco-allemande quant à l'issue du processus de ratification du traité constitutionnel.

Le député européen souligne que la première semaine du mandat du futur élu sera décisive pour dessiner sa position sur l'Europe ; le thème va ressurgir avec force, et il est illusoire de penser qu'il ne sera pas présent dans la campagne législative.

L'auteur souligne que "toute avancée en Europe requiert la collaboration et le compromis." A ce titre, il condamne certaines positions des candidats en campagne. Notamment en notant que "l'immigration ne se résoudra que quand les Etats opteront pour l'approche communautaire". De même, la première condition pour aboutir à un accord est de "respecter ses partenaires". Or, quand Angela Merkel écrit au mémorial de Yad Vashem "L'Humanité grandit en assumant la responsabilité du passé", "certain se gausse de ne pas avoir 'inventé la solution finale'".


Derrière la présidentielle française, l'Europe! de Noëlle Lenoir


La Tribune, 20/04/07

Alors qu'aux extrêmes de l'échiquier politique, "on s'oppose" à l'Europe plutôt qu'on ne "propose", les trois principaux candidats ont "mis en sourdine" leur vocation européenne. Pour Noëlle Lenoir, brandir le drapeau tricolore ne permet que de mieux voiler le drapeau européen, après un "non" au référendum qui a tétanisé la classe politique française.

Pourtant, selon l'ancienne ministre des Affaires européennes, "c'est en gagnant la bataille de l'Europe que [le prochain président] gagnera celle de la France". Les politiques concernant la recherche, l'industrie, l'agriculture, l'environnement, l'indépendance énergétique peuvent uniquement être abordées dans un contexte européen. Les responsables politiques en sont pleinement conscients. D'autant plus que "sous la Vème République, l'opinion retient essentiellement des chefs d'Etat ce qu'ils ont accompli au niveau européen".

La tâche du prochain président sera de résoudre la crise issue du rejet français du traité constitutionnel. Par ailleurs, il est crucial pour Noëlle Lenoir d'établir un dialogue entre le chef de l'Etat, membre du Conseil européen, et les Français. Elle propose de "modifier l'article 18 de la Constitution selon lequel le président de la République ne peux qu'adresser des messages au Parlement par l'intermédiaire des présidents de l'une et l'autre assemblée". Le chef de l'Etat devrait "venir chaque année devant les Chambres prononcer un discours sur l'Union."

06.12.2006

la finlande a ratifié la constitution européenne avec une très large majorité

Les 2/3 des Etats membres ont ratifié la Constitution

Le parlement finlandais a voté ce jour (05/12) la ratification de la Constitution européenne à une forte majorité (125 pour / 39 contre / 4 abstentions).

Avec la Roumanie et la Bulgarie qui ont ratifié par avance la Constitution en ratifiant leur traité d'adhésion, 18 Etats membres ont à présent ratifié sur les 27 qui composent l'Union européenne -soit exactement les 2/3."

19.10.2006

traité constitutionnel : ce que l'on ne peut pas faire

Chers amis,

Lors de sa conférence de presse du 12 octobre 2006, M. Jo LEINEN a rappelé la solution qu'il préconise pour résoudre la crise constitutionnelle européenne. Afin de compléter votre information, je vous propose cette note d’information adressée aux « Amis de la Constitution » par Mr Jean-Guy GIRAUD, directeur du Bureau du Parlement européen à Paris. Point de vue que je partage.
Emmanuel Morucci


Il est possible d'ajouter certains éléments au texte original et / ou d'omettre certains articles...

... mais il est impossible de renégocier l'ensemble du Traité constitutionnel.

Sans qu'il soit nécessaire de procéder à de nouvelles négociations et ratifications, il est possible:

o d'ajouter au Traité des déclarations ou protocoles souhaités par certains Etats membres (cf. les précédents de Maastricht et Nice);

o d'enlever du Traité tous les articles de la partie III qui ont été repris (inchangés) d'anciens traités, afin d'alléger l'ensemble du texte.



Cette solution apparaît en effet comme une sorte de voie moyenne entre le refus de toutes modifications du texte et l'ouverture d'une renégociation globale.

Elle apparaît également comme la plus simple sur le plan politique et technique - et la plus consensuelle pour l'ensemble des 27 Etats membres.

06.10.2006

Débat régional sur l’avenir de l’Europe à Brest, le 13 octobre.

Demain l'Europe : l'Union européenne à l'écoute des Bretons


La représentation en France de la Commission européenne organise, dans le cadre de son plan D, (D comme Démocratie, Dialogue et Débat), un débat régional sur l’avenir de l’Europe en partenariat avec les deux relais Europe Direct de Bretagne de Brest (Maison de l’Europe) et de Rennes (Conseil régional).

Cette manifestation se déroulera le 13 octobre prochain de 16 à 18 h au Quartz de Brest et son organisation est assurée par la Maison de l’Europe de Brest et de Bretagne ouest.

Ce n’est pas une conférence classique mais un dialogue. La parole est donnée aux citoyens. Il ne s’agit pas de recevoir la bonne parole mais de donner un avis, de faire des propositions concrètes aux responsables européens présents, autrement dit d’expérimenter la démocratie participative.

Il s’agit de favoriser le débat entre les citoyens et les institutions européennes afin de relancer le processus démocratique en Europe. Pour ce faire, la Commission européenne s'est engagé à organiser des débats publics à travers toute l'Europe. L'Europe avait pris conscience depuis longtemps de l'importance d'associer les citoyens au processus européen. Cette fois elle s'en donne les moyens estime Emmanuel Morucci, président de la Maison de l’Europe de Brest et Bretagne ouest. La manifestation de Brest se tiendra jour pour jour un an après le lancement du plan D le 13 octobre 2005.

Il est prévu de faire échanger les représentants européens avec le public. 10 témoins politiques, associatifs, professionnels, scientifiques, syndicaux produiront une contribution et amèneront des questions pour le dialogue. Parmi eux : François Cuillandre, Président de Brest Métropole Océane, Hervé Moulinier (PDG thalés), M. Quéméneur (chambre des métiers), Christian Roy (ME et CERN), M.Gory : (Prof collège), M. Lesven (Maire de Plouguerneau), Henri Pallier (Maire de Guipavas), Loïc Antoine (IFREMER), Paul Recuet (Ener’gence), JP Hellequin (Mor Glaz), Thierry Merret (FDSEA), des jeunes et étudiants en master « dynamiques européennes ». Dans le dialogue et le débat, il seront, avec le public, amené a exprimer des idées et à poser des questions à Mr Gérard Lombard (représentation en France de la Commission européenne), Mr Etienne de Poncins, chef de cabinet de madame Colonna, ministre des Affaires européennes, Bernard Poignant, député européen et d’autres. L’animation du débat sera assurée par le journaliste JL Le Corvoisier et Emmanuel Morucci membre du Team Europe-France.

Emmanuel Morucci, insiste sur le fait que ce débat est vraiment une belle occasion donnée aux citoyens de s'exprimer, de donner leur avis, leur opinion et faire part directement aux représentants de l'Union de leur proposition pour la poursuite de la construction européenne en dehors des élections. L'oreille de l'Europe est attentive. Il faut en profiter. C'est maintenant aux bretons notamment, de faire part de leur vision de la poursuite de la construction européenne.

Informations: Demain l'Europe.; L'Union européenne à votre écoute au Quartz le vendredi 13 octobre prochain entre 16h et 18H (ouverture des portes au public à 15h30). L'accès est libre, sous réserves du nombre de places disponibles (300). Renseignements: Maison de l'Europe de Brest 16 rue de l'Harteloire - Brest Tél: 02 98 46 60 09 courriel: europedirect@maisoneurope-finistere.com

04.10.2006

Peut-on envisager un second traité de Rome?

peut_on_envisager_un_second_traite_de_Rome_3_octobre_2006...