17.04.2008
La pauvreté des enfants : une urgence pour la PFUE.
Chronique RCF du 16 avril 2008
Je vous en parlais la semaine dernière et présentait d’ailleurs le sujet comme une priorité de la présidence française de l’union européenne. Le fait est avéré : La pauvreté gagne du terrain dans l’Union européenne. Elle frappe de plus en plus les jeunes. Mais il n’y a pas que la pauvreté qui s’installe. La pénurie de produits de première nécessité semble s’installer y compris en Europe. Les prix montent. La véritable catastrophe, considérée par le FMI comme une guerre mondiale à mener est arrivée. Dans les pays du sud, il n’y a plus rien à se mettre sous la dent et les révoltes éclatent. Les organisations internationales réagissent dans l’urgence mais les puissances n’exposent pas une prospective claire. Lorsque l’on sait que la presque totalité de l’agriculture du continent sud américain est voué à l’alimentation animale et qu’il ne reste plus de place ou presque pour la production vivrière, il a de quoi s’interroger sur le sens des choix opérés par les nations et les multinationales. Trois questions se posent : quelles décisions concrètes prennent les pays riches vis-à-vis de cette situation ? Quelle politique mènent-ils face aux décisions des courants financiers qui gardent la haute main sur les productions et approvisionnements ? Quelles orientations pensent prendre les dirigeants européens sur cette question de paupérisation qui ne touche pas qu’une simple baisse du pouvoir d’achat.
Regardons de plus près la situation de la pauvreté dans l’Union européenne. Ellen est bien plus grave et touche les enfants. Sur les 78 millions de pauvres que compte l’Europe, 19 millions sont des enfants. Une députée Allemande, Gabriele Zimmer a mené une enquête de terrain et publié un rapport fort éloquent. Les chiffres parlent mais restent, sans doute, en dessous de la vérité. En effet, ceux-ci n’incluent pas les enfants des demandeurs d’asile, des immigrés ou des sans-papiers. C’est une des grandes questions à traiter par la présidence française de l’Union européenne.
De son côté, le député irlandais Proinsias De Rossa du PSE est lui aussi monté au créneau. Il est surprenant, dit-il que dans les pays européens, on sache comment faire (et je rajouterai que l’on en a les moyens) pour lutter contre la pauvreté des enfants, mais que le problème persiste toujours.
On relève plusieurs causes à ce phénomène. Mais on note particulièrement le travail irrégulier des parents, et la situation de parents isolés. Pour l’OCDE , « la pauvreté en Europe devrait être une priorité pour les politiciens », d’autant que la situation est très différente d’un pays à l’autre. « Malgré la prospérité croissante, le fossé entre riches et pauvres dans les États-membres s’agrandit », remarque la centriste Elizabeth Lynne, député de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe.
Pour elle, « cela pose de sérieuses questions sur le genre d’Europe dans laquelle nous voulons vivre et sur l’engagement des États et des institutions européennes dans la lutte contre les inégalités ».
Une première réponse vient du parlement européen et plus particulièrement de sa Commission de l'emploi. Elle travaille actuellement sur une proposition visant à faire de 2010 l'année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Cela arrive bien tard mais espérons que cela soit efficace.
Pour écouter 
ou RCF.fr.
10:16 Publié dans Présidence¨française de l'Union européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Morucci, Europe, RCF, Team europe, maison de l'europe, pro europa
12.04.2008
Quelle trajectoire choisira la présidence française de l’Union ?
Chronique du 9 avril 2008
La présidence française de l’Union européenne est attendue au moins autant qu’elle inquiète. Il faut dire que le casse croute est colossal. Dans quelques semaines, il reviendra à notre pays de traiter des problématiques très diverses qui agitent les 27 allant du besoin de citoyenneté et de transparence de l’union à la gestion des stratégies géopolitiques notamment en ce qui concerne l’énergie et la défense sans oublier la protection de l’environnement et les choix de développement qualifié de durable. Cerise sur le gâteau, le président français sera président de l’union au moment où les jeux de Pekin commenceront et les événements récents au Tibet peuvent laisser craindre une olympiade sous haute tension diplomatique.
Les champs que le président de la république va devoir initier sont complexes et montrent à quel point l’Europe n’a pas su ces dernières années se construire. Certes la politique internationale et de défense revient à la une mais la non application du traité de Lisbonne laisse, pour l’heure, les pays membres dans une perspective inachevée. Et cela se sent.
La présidence française va devoir faire la synthèse entre des choix opérés par le Conseil de l’Union et des attentes, souvent différentes entre citoyens et instituions de l’Union. Si le président français réussi a ramené l’union européenne dans une démarche de construction claire ce sera un grand succès. La construction de l Europe ne semble pas, en effet pour nos concitoyens, maitrisable. Sui generis, elle donne l’impression d’une entité qui se construit en transformant progressivement les éléments qui lui donne corps.
Elle n’a pas une trajectoire constante. Elle devient une combinaison de plusieurs modèles penchant pour la coopération intergouvernementale alors que les citoyens l’attendent fédérale. Ce qui ne donne pas une vision claire aux citoyens de l’Union qui décrètent que l’Europe est trop complexe, trop lointaine.
En ce domaine, la présidence française va devoir travailler une direction principale et apporter des éléments de réponse à la question : quelle Europe pour 2020/2030. L’Europe sera-t-elle puissance ou marché ? Qu’elle forme va prendre l’espace économique commun ? Une réflexion que le Comité des sages devra avancer dans les 6 mois que va durer cette présidence française.
Quatre directions sont possibles et s’opposent. Ce sont elles qui divisent les européens. Les choix doivent s’opérer verticalement entre Europe puissance ou Europe espace commercial et horizontalement entre Europe fédérale et partenariat entre les nations.
Il faudra enfin mettre en place les éléments de la stratégie de Lisbonne dont les principaux éléments sont la promotion de l’emploi, de l’innovation et de la recherche au service de la croissance. Mais il reviendra au président de l’union de mettre, en même temps les outils nécessaires à la lutte contre la pauvreté. Une pauvreté grandissante et qui est un vrai poids pour l’Europe.
Voilà une présidence qui s’annonce lourde et dont on espère le succès. Mais 6 mois d’une présidence tournante est un délai bien cours pour remplir une telle mission.
Pour écouter la chronique vous pouvez cliquer ici

16:05 Publié dans Présidence¨française de l'Union européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Morucci, Europe, Maison de l'Europe, team europe france, institut robert schuman pour l'europe, pro europa







