22.11.2007
Economie éthique et immigration : les Eglises européennes s'engagent
Chronique RCF du 21 novembre 2007-11-20
Economie éthique et immigration au programme de la Conférence des Eglises européennes.
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La Conférence des Eglises européennes, fondée en 1959, regroupe 126 Églises de tradition orthodoxe, protestante et anglicane de tous les pays du continent européen. Cette organisation interreligieuse vient de prendre une série de positions en matière économique et sociale dont très forte dans le domaine de l’immigration. La CEC demande, en effet, à l'Union européenne de limiter la durée de rétention administrative des personnes en attente d'être expulsées.
Dans un communiqué publié samedi 17 novembre la CEC s'inquiète de la teneur d'un projet de directive sur le "retour des ressortissants des pays tiers en séjour irrégulier". Le dossier est en cours de négociation au sein du Conseil et du Parlement européens.
Le point de départ de la polémique remonte au 12 septembre dernier lorsque la commission des libertés civiles du Parlement européen a durci ce texte en autorisant une durée maximale de rétention de dix-huit mois, au lieu des six mois prévus par la Commission européenne. "Une norme absolument inacceptable pour l'Union européenne", estime la Conférence des Eglises européennes.
Les Eglises, relayent ici plusieurs ONG et s’opposent au projet qui permettrait de placer en rétention toute personne présentant "un risque de fuite ou une menace pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale". Les Eglises craignent que ce dispositif prive de liberté les migrants dès lors qu'ils se sont vu refuser un titre de séjour ou l'asile, alors même qu'ils "n'ont été reconnus coupables d'aucun crime par une juridiction". "Jusqu'à preuve du contraire, l'emprisonnement a toujours reposé sur une décision de justice", souligne le protestant Jean-Arnold de Clermont, actuel président de la CEC.
La CEC s’élève sur un autre point du projet de directive. Ce dernier prévoit en effet que les mesures d'éloignement soient assorties d'une interdiction du territoire européen d'une durée maximale de cinq ans. Ce qui revient, pour la CEC à "doubler la peine".
Le comité central de la CEC, réuni à Vienne cette semaine, appelle aussi l’Union européenne à garantir que les négociations commerciales pour des Accords de partenariat économique avec des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique « ne deviennent pas des pierres d’achoppement ». Le but de l’Union étant, rappelle la CEC, de construire un système global de relations commerciales plus juste et plus équitable ».
L’économie doit être au service des personnes et non l’inverse. De la même façon, les politiques commerciales doivent permettre d’améliorer le bien-être et les conditions de vie des humains, surtout des plus démunis dit l’organisation religieuse.
Aux yeux de la Conférence des Eglises européennes et de ses Eglises sœurs en Afrique, de tels principes devraient fonder et guider les négociations commerciales devant instaurer des Accords de partenariat économique que mènent actuellement l’Union européenne.
Le développement devrait être la plus haute priorité. En ce sens les pays d’Afrique et des caraïbes et du pacifique doivent pouvoir mettre en œuvre, au niveau national et régional, leurs propres modèles et politiques de développement durable.
16:27 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : morucci, europe, maison de l'europe, Team europe, brest, finistère, bretagne







